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Question d’énergie : Quel est le QI de votre bâtiment ?

Par Suzanne Gagné

Les contrôles centraux qui régissent les systèmes mécaniques et électriques des bâtiments ont la cote par les temps qui courent. En effet, on parle de plus en plus du « bâtiment intelligent ». À qui s’adressent ces systèmes ? Quels sont les pièges à éviter ? Cette technologie est-elle vraiment au point ?

Dans les constructions neuves, il n’est pas rare que l’intensité des appareils d’éclairage s’ajuste automatiquement en fonction de celle de la lumière naturelle, ou encore que les luminaires s’allument et s’éteignent à heures fixes. Dans le cas d’un bâtiment plus « intelligent », les systèmes d’éclairage seront aussi reliés aux autres systèmes mécaniques et électriques. Par exemple, les systèmes de contrôle d’accès pourront intervenir sur l’éclairage et la climatisation uniquement dans les zones qui sont occupées. Enfin, les systèmes de contrôle les plus évolués permettent de relier les systèmes de ventilation, de chauffage, d’éclairage et de sécurité et de fournir des statistiques et autres données détaillées à des fins de gestion et d’analyse des coûts.

En clair, les systèmes de contrôle des bâtiments dits « intelligents » peuvent procurer une amélioration des coûts aux gestionnaires de bâtiments, un plus grand confort aux occupants et une sécurité rehaussée pour tous.

Plus encore, dans sa Carte routière technologique du bâtiment intelligent, Industrie Canada souligne que la durée de vie d’un bâtiment et de son infrastructure est de 25 ans ou plus entre les réfections importantes. Par contre, on y indique que « les bâtiments intelligents offrent la possibilité d’améliorer la capacité fonctionnelle plus souvent et de façon beaucoup plus économique par la mise à niveau des composantes et des éléments d’équipement sans toucher à des composantes matérielles comme le câblage, par exemple », ce qui peut être un avantage considérable.

Une question de rentabilité

Toutefois, il convient de procéder à une analyse détaillée avant de se lancer dans l’aventure : « Aujourd’hui, on peut faire beaucoup de choses avec les systèmes de contrôle, affirme Alain Higgins, ingénieur principal, Mécanique, chez Dessau. Par contre, il y a une différence entre faire tout et faire n’importe quoi… ».

En effet, les besoins varient d’un bâtiment à l’autre. De plus, si ce genre de systèmes peut être installé relativement facilement dans les constructions neuves, le coût peut être considérablement plus élevé dans le cas d’un bâtiment existant puisqu’il peut y avoir des ajustements importants à faire.

« De façon générale, la gestion de l’énergie et le contrôle de la température et de la ventilation offrent des avantages tangibles en matière de confort et d’économie, souligne M. Higgins, mais l’intégration des autres systèmes peut devenir dispendieuse dans certains bâtiments. Il faut faire une bonne analyse et voir au cas par cas si c’est rentable et efficace. »

Un langage commun

Par ailleurs, il existe un frein important à une adoption plus massive de ces systèmes de contrôle intégrés : une norme commune pour tous les équipements. « Pour que les différents systèmes puissent être branchés sur le réseau Internet du bâtiment et communiquer entre eux, il leur faut un langage commun, explique l’ingénieur. Encore aujourd’hui, les différents manufacturiers d’équipements ont plutôt tendance à développer chacun leurs propres normes et leur propre langage, ce qui peut poser un problème quand on veut les relier pour leur permettre d’échanger des données. »

Au cours des dernières années, les normes BACnet et LonWorks ont gagné en popularité, mais il reste encore fort à faire pour que tous les équipements parlent une même langue.

Une technologie prometteuse donc, mais qu’il faut prendre le temps d’analyser avec soin afin d’en tirer le meilleur parti.

Quelques facteurs à considérer

  • Les systèmes de contrôle peuvent augmenter la valeur du bâtiment.
  • Ils peuvent attirer des locataires qui seront prêts à payer un loyer plus élevé pour un confort accru.
  • Ils peuvent réduire la facture énergétique grâce à des ajustements qui varient selon le moment de la journée et l’occupation des lieux.
  • Ils peuvent augmenter la sécurité dans le bâtiment, par exemple en matière de protection contre les incendies ou les intrusions.

MAIS…

  • Il est important de procéder à une analyse détaillée : les besoins en matière de contrôle des systèmes mécaniques et électriques varient selon la vocation du bâtiment.
  • Ces systèmes peuvent s’avérer coûteux et l’on doit s’assurer que l’investissement sera rentable.
  • Avant d’ajouter un équipement ou de procéder à une réfection, il faut vérifier que les systèmes pourront communiquer entre eux grâce à une norme commune (par exemple, BACnet ou LonWorks).

 

Source : magazine Maintenance vol. 2-4

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