Analyse de marché

Plus d’acheteurs étrangers sur le marché immobilier montréalais

Source : Pixabay

Selon la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ), l’annonce de l’instauration par le gouvernement ontarien d’une taxe de 15 % sur les achats de propriétés par des étrangers en Ontario pourrait accroître la présence d’acheteurs étrangers sur le marché immobilier à Montréal. Toutefois, la FCIQ ne s’attend pas à des répercussions majeures à court terme.

La proportion d’acheteurs étrangers à Montréal est estimée à seulement 1,5 % par la Société canadienne d’hypothèques et de logement. Bien que ce chiffre soit possiblement sous-estimé, la proportion serait néanmoins faible. À titre comparatif, la proportion d’acheteurs étrangers est estimée à 9,7 % dans la région de Vancouver par le gouvernement de la Colombie-Britannique et à 4,9 % dans la région torontoise par le Toronto Real Estate Board.

À Montréal, la présence d’acheteurs étrangers se limiterait principalement à certains quartiers centraux pour la maison unifamiliale et au centre-ville pour la copropriété. « L’activité des acheteurs étrangers dans la région montréalaise pourrait avoir une incidence à la hausse sur les prix des propriétés dans certains quartiers centraux, où ils ont tendance à concentrer leurs achats. Toutefois, l’impact serait limité étant donné que les conditions du marché immobilier montréalais sont bien différentes de celles observées récemment à Toronto ou à Vancouver », explique Paul Cardinal, directeur du service Analyse du marché de la FCIQ.

Loin d’une surchauffe

Le marché immobilier résidentiel de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal a connu des hausses de prix très modérées au cours des dernières années. Le prix médian des unifamiliales est passé de 279 000 $ à 295 000 $ entre 2013 et 2016, soit une progression de 6 % en trois ans. Le prix médian des copropriétés a lui aussi crû de 6 % au cours de la même période (de 227 000 $ à 240 000 $ entre en 2013 et 2016).

Par ailleurs, les conditions du marché immobilier montréalais demeurent relativement équilibrées : le segment des unifamiliales est légèrement à l’avantage des vendeurs, celui des plex est équilibré, tandis que celui de la copropriété montre encore une légère offre excédentaire. Pour ce qui est du marché locatif, le taux d’inoccupation observé à Montréal est de 3,9 %, ce qui est largement supérieur aux taux de Toronto (1,3 %) et de Vancouver (0,7 %).

« Nous sommes loin de la pénurie de logements, que l’on regarde du côté du marché de la revente, du marché du neuf ou du marché locatif, ajoute M. Cardinal. Dans ce contexte, il est difficile d’envisager une flambée des prix comme à Toronto. »

Un marché immobilier prisé

Il demeure que davantage d’acheteurs étrangers se tournent vers Montréal, ce qui s’est traduit par une hausse importante du solde migratoire et du nombre de résidents non permanents en 2016. Plusieurs facteurs expliquent cet attrait, notamment l’amélioration marquée de la situation économique et de l’emploi. Au cours des douze derniers mois, 81 500 nouveaux postes ont été créés dans l’ensemble de la RMR et le taux de chômage a diminué à seulement 6,6 % au premier trimestre de l’année.

Également, Montréal s’est vu décerner par Quacquarelli Symonds le titre de meilleure ville universitaire au monde en 2017, déclassant ainsi Paris pour la toute première fois en cinq ans. Soulignons finalement que le prix des propriétés y est parmi les plus faibles en Amérique du Nord.

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