BULLETIN D'INFORMATION POUR PROFESSIONNELS EN IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
//Baisse de la tendance des mises en chantier d’habitations au Canada en décembre

Baisse de la tendance des mises en chantier d’habitations au Canada en décembre

La tendance des mises en chantier d’habitations se chiffrait à 206 981 en décembre 2018, comparativement à 212 338 le mois précédent, selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Cette tendance correspond à la moyenne mobile de six mois du nombre mensuel désaisonnalisé et annualisé (DDA) de mises en chantier d’habitations.

« La tendance nationale des mises en chantier d’habitations a diminué en décembre. Il s’agit de sa cinquième baisse dans les six derniers mois, a déclaré Bob Dugan, économiste en chef à la SCHL. Ces récentes baisses font que le nombre d’habitations commencées en 2018 a été inférieur au total de 2017, car le repli de la construction de maisons individuelles a plus qu’annulé la légère hausse d’activité observée dans le segment des logements collectifs cette année. Le nombre total de mises en chantier d’habitations demeure néanmoins élevé en regard des moyennes annuelles antérieures. »

Faits saillants du mois de décembre

Vancouver

Dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Vancouver, le nombre de mises en chantier d’habitations a continué de diminuer en décembre 2018, si bien qu’il a terminé l’année en accusant un recul de 11 % par rapport à la même période en 2017, et ce, malgré le fait que la quantité de logements locatifs commencés ait augmenté de 40 % en raison des conditions tendues sur le marché locatif. Cette année, dans la ville de Vancouver, les mises en chantier d’habitations ont été surtout alimentées par la construction de logements locatifs et de copropriétés en 2018. La baisse du total des mises en chantier est attribuable en grande partie à la performance des constructeurs à Surrey, où ces derniers ont accusé une baisse d’activité de 27 % en 2018.

Victoria

En décembre, le cumul annuel des habitations mises en chantier dans la métropole de Victoria a atteint un niveau inégalé depuis 1976. Les logements locatifs ont représenté la moitié des unités commencées dans la région en 2018, en raison de la demande accrue sur le marché locatif et des faibles taux d’inoccupation.

Edmonton

Dans la RMR d’Edmonton, les mises en chantier d’habitations ont diminué en décembre, car le niveau des stocks est demeuré élevé. En 2018, elles ont baissé de 12 % par rapport à l’année précédente, ce qui témoigne du repli de la demande occasionné par la conjoncture économique de l’Alberta. Les mises en chantier de tous les types d’habitations ont diminué, sauf dans la catégorie des maisons en rangée, où le nombre d’unités commencées a augmenté de 13 %.

Regina

En décembre, les mises en chantier d’habitations ont baissé dans la RMR de Regina en raison d’un repli de la construction de logements collectifs. En 2018, elles ont régressé de 41 % par rapport au total de 2017. D’une année à l’autre, les mises en chantier ont reculé de 47 % dans la catégorie des maisons individuelles et de 37 % du côté des logements collectifs. La faiblesse du marché du travail, le resserrement des conditions du marché du crédit, la hausse des coûts de construction et l’offre élevée de logements existants ont réduit la demande de logements neufs.

Kingston

En décembre, les constructeurs ont coulé les fondations d’un nombre inégalé d’habitations dans la RMR de Kingston depuis septembre 2013. Les appartements locatifs ont représenté 77 % des unités mises en chantier en décembre. Ces nouvelles unités seront les bienvenues sur le marché locatif, où l’offre est insuffisante. En effet, le taux d’inoccupation des appartements à Kingston diminue depuis 2016. Le nombre total d’habitations mises en chantier en 2018 est nettement supérieur à la moyenne sur cinq ans et des gains d’activité ont été enregistrés pour tous les types de logements.

Toronto

En 2018, les constructeurs ont commencé un nombre sans précédent d’appartements dans la RMR de Toronto, et le total des mises en chantier d’habitations a augmenté de 6 % par rapport au résultat de 2017. Les prix élevés, les coûts d’emprunt et l’écart de prix grandissant entre le neuf et la revente ont grandement pesé sur les mises en chantier de maisons individuelles, dont le nombre a touché son point le plus bas depuis presque 40 ans. La détérioration de l’abordabilité des habitations de faible hauteur a stimulé la demande de logements de forte densité, relativement abordables.

Hamilton

Le nombre annuel de mises en chantier d’habitations enregistré dans la RMR de Hamilton n’avait pas été aussi élevé depuis 2004, et ce, malgré la tendance à la baisse observée en décembre. Les appartements expliquent en grande partie l’important nombre d’habitations commencées en 2018, qui a atteint un niveau inégalé en plus de 40 ans. En 2018, la demande d’appartements neufs s’est intensifiée dans tous les secteurs de la RMR de Hamilton en raison du plus grand nombre d’acheteurs qui se sont tournés vers les logements moins chers et de l’accroissement de la concurrence pour les logements locatifs vacants. Cette demande était particulièrement forte dans les trois principaux marchés de la région, à savoir ceux de Burlington, de Hamilton et de Grimsby.

Brantford

Grâce notamment au nombre élevé de logements commencés en décembre, le total des habitations mises en chantier en 2018 dans la RMR de Brantford a dépassé la barre des 700 pour la deuxième fois au cours des 10 dernières années. Comme tous les ans ou presque, les prix des habitations neuves de faible hauteur à Brantford ont attiré un plus grand nombre de familles grandissantes et de ménages n’ayant plus d’enfants à la maison provenant des marchés de Hamilton et de l’Ouest du Grand Toronto. Le nombre de mises en chantier s’est redressé dans le segment des maisons individuelles après avoir été faible en 2017, alors qu’il a poursuivi sa lancée du côté des maisons en rangée pour atteindre son plus haut niveau jamais enregistré depuis que la SCHL a commencé à recueillir des données sur les mises en chantier dans la région de Brantford il y a plus de 40 ans.

Montréal

Les mises en chantier en 2018 dans la région de Montréal ont légèrement augmenté par rapport à 2017 (croissance de 1 %). Le recul enregistré dans la construction de copropriétés (baisse de 6 %) durant cette période a été plus que contrebalancé par les mises en chantier d’appartements locatifs (croissance de 8 %) qui ont atteint un record en 30 ans. Un peu moins d’une mise en chantier sur deux dans la RMR de Montréal en 2018 était destinée au marché locatif, ce qui inclut les mises en chantier de résidences pour personnes âgées. Cependant, la plupart des mises en chantier étaient destinées au secteur des appartements locatifs traditionnels. Les taux d’inoccupation relativement faibles, la demande plus forte provenant des jeunes ménages, ainsi que le vieillissement de la population, ont vraisemblablement tous été des facteurs ayant stimulé la construction résidentielle dans le segment du marché locatif.

Province de Québec

Le bilan total des mises en chantier dans les régions urbaines du Québec en 2018 est pratiquement le même qu’en 2017 (40 821 unités en 2018 et 40 723 en 2017). La construction résidentielle au cours de la dernière année est demeurée soutenue par les mises en chantier d’immeubles collectifs, dont une bonne partie sont des logements locatifs. C’est le cas notamment à Montréal et à Québec. Dans l’ensemble, la croissance de l’offre d’appartements dans la province est stimulée par le vieillissement démographique et l’immigration.

Halifax

En décembre, les mises en chantier d’habitations ont augmenté à Halifax, grâce à la construction accrue d’appartements. À la fin de 2018, le nombre de logements collectifs commencés affichait une hausse de 6 % par rapport au total enregistré en 2017. Sa progression était attribuable à la forte demande sur le marché locatif et à la migration. En 2018, les appartements ont été commencés pour la plupart dans les marchés de la banlieue, à savoir Hammonds Plains, Mainland North et la péninsule de Halifax.

Île-du-Prince-Édouard

En décembre, le nombre d’habitations mises en chantier à l’Île-du-Prince-Édouard a augmenté de 156 % par rapport à la même période en 2017. Ce bond de l’activité découle directement de la hausse de la construction de maisons individuelles (+9 %) et de logements collectifs (+347 %). De nouveaux immeubles d’appartements et de copropriétés pour aînés ont été commencés en raison du taux d’inoccupation pratiquement nul enregistré dans la province. En 2018, le nombre total de mises en chantier d’habitations dépassait de 26 % celui enregistré l’année précédente. Sa hausse s’expliquait principalement par la forte croissance de l’emploi et la migration internationale positive observées durant l’année.

Étant donné la grande variabilité des chiffres estimatifs mensuels, la SCHL tient compte de la tendance, en plus du nombre mensuel désaisonnalisé et annualisé, pour obtenir un portrait plus complet de l’état du marché de l’habitation canadien. Dans certaines situations, il pourrait être trompeur de n’analyser que les données désaisonnalisées annualisées (DDA), car les mises en chantier d’habitations sont alimentées surtout par le segment des logements collectifs, où l’activité peut varier beaucoup d’un mois à l’autre.

Le nombre mensuel désaisonnalisé et annualisé de mises en chantier d’habitations au Canada, toutes régions confondues, se situait à 213 419 en décembre, en baisse par rapport à celui de 224 349 enregistré en novembre. Dans les centres urbains, ce nombre a diminué de 5,8 %, pour s’établir à 194 594. Il s’est replié de 6,8 % dans la catégorie des logements collectifs et de 2,6 % dans celle des maisons individuelles, pour se chiffrer respectivement à 144 728 et à 49 866.

Dans les régions rurales, le nombre désaisonnalisé annualisé de mises en chantier d’habitations est estimé à 18 825.

Des données provisoires sur les mises en chantier d’habitations, en français ou en anglais, sont diffusées sur le site Web et le Portail de l’information sur le marché de l’habitation de la SCHL. Nos analystes peuvent également fournir d’autres observations sur leurs marchés respectifs.

En tant qu’autorité en matière d’habitation au Canada, la SCHL contribue à la stabilité du marché de l’habitation et du système financier, elle vient en aide aux Canadiens dans le besoin et elle fournit des résultats de recherches et des renseignements objectifs aux gouvernements, aux consommateurs et au secteur de l’habitation du Canada.

Crédit photo : Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL)

2019-01-16T14:54:17-04:00ANALYSE DE MARCHÉ|