Selon CBRE, les taux d’inoccupation et de disponibilité à des creux inégalés confèrent aux propriétaires de tous les types d’immeubles un contrôle sans précédent sur leurs portefeuilles immobiliers.

L’année 2019 promet une conjoncture unique pour le secteur de l’immobilier commercial au Canada. Selon le rapport de CBRE Perspectives sur le marché de l’immobilier au Canada en 2019, les taux d’inoccupation à des creux records, les loyers en hausse et la vague de nouveaux aménagements confèrent un pouvoir de négociation sans précédent aux bailleurs, en particulier dans les marchés carrefours comme Toronto et Vancouver.

Dans les marchés de bureaux les plus tendus au pays, les ententes de location sur 10 ans aux prix les plus élevés deviennent la norme. La tendance opère principalement à Toronto, où le taux d’inoccupation, actuellement à 2,7 %, s’avère le plus bas en Amérique du Nord depuis le T2 2016. Ce sont les propriétaires qui gèrent eux-mêmes les ententes de sous-location puisqu’ils sont assurés de pouvoir relouer leurs locaux au meilleur prix. Ce contexte commande donc aux entreprises de bien prévoir leurs besoins et de saisir rapidement les occasions qui se présentent. Il incite également les locataires de bureaux à envisager des stratégies en milieu de travail qui leur permettent de maximiser davantage leurs locaux actuels.

La forte demande pour des entrepôts et des centres de distribution de qualité supérieure continuera d’alimenter les marchés industriels. Les bailleurs augmentent les loyers des installations de premier ordre à l’un des rythmes les plus effrénés au monde et préconisent des ententes de location sur 15 ans. En outre, Vancouver affiche la croissance des loyers la plus importante au monde; le taux de disponibilité global sur la péninsule a chuté à 2,3 % en 2018.

Dans le segment multirésidentiel, cinq des dix principaux marchés au Canada, soit Vancouver, Toronto, Ottawa, Montréal et Halifax, affichent dans l’ensemble des taux d’inoccupation en deçà de 2,0 % alors que l’offre d’habitations est pratiquement inexistante dans les grands centres urbains. À cela s’ajoutent les mécontentements liés à l’accessibilité et à l’abordabilité du logement, et ce, d’un océan à l’autre. Par ailleurs, le taux d’occupation des hôtels au pays a atteint un record de 66,0 % en 2018 et les prix des nuitées continueront de monter dans les principaux marchés.
« Jusqu’à maintenant en 2019, les indicateurs de base du marché de l’immobilier gardent leur aplomb. Ce sont les changements technologiques, les entreprises du secteur des technologies et les technotalents qui génèrent le plus de demande pour tous les types de propriétés commerciales », affirme

Paul Morassutti, vice-chairman de CBRE Canada. « La croissance engendre aussi son lot de malaises. Dans plusieurs villes canadiennes, l’immobilier navigue entre ces deux pôles. » Des chantiers de bureaux de 14,6 millions pi2 et des chantiers industriels de 18,5 millions pi2 sont présentement en cours, pour la plupart à Toronto et Vancouver. Si le risque d’une surabondance de l’offre en préoccupe plus d’un, ces aménagements s’avèrent toutefois nécessaires pour répondre à la demande inégalée des locataires. De plus, ces chantiers contribuent à la croissance économique, ce qui permet aux entreprises de répondre aux besoins des clients et de faire avancer leurs stratégies commerciales.

Les contraintes qui entravent les aménagements sont particulièrement préoccupantes pour le secteur de l’immobilier commercial et l’ensemble de l’économie en 2019 : le prix record des terrains, la hausse des droits d’aménagement, du prix des matériaux et de la main-d’oeuvre en plus des processus d’approbation et d’urbanisme prolongés et plus complexes.

Selon M. Morassutti, « Le délai pour obtenir les approbations nécessaires au lancement d’un chantier s’avère en fait le facteur le plus problématique. Une pénurie affecte déjà tous les types de propriétés commerciales de qualité. La hausse des coûts et la lourdeur bureaucratique créent un déséquilibre encore plus grand sur le marché. Les promoteurs de l’immobilier commercial se retrouvent coincés dans un goulot d’étranglement similaire à celui du marché résidentiel, où la demande qui a surpassé l’offre pendant longtemps a nui au marché. Les intérêts du gouvernement et des entreprises doivent donc converger afin que l’économie canadienne ait assez d’espace physique pour croître et qu’ultimement, nos villes continuent de prospérer. »

Le rapport Perspectives sur le marché de CBRE souligne plusieurs concepts et tendances qui façonneront le secteur de l’immobilier commercial en 2019 :
L’espace de travail partagé : Ce concept florissant sera l’un des principaux moteurs de la demande de bureaux, principalement grâce à WeWork et Regus, ainsi qu’à de nouveaux acteurs comme Hana de CBRE, qui lanceront leurs projets d’expansion cette année.

La cohabitation : S’inspirant des habitations d’étudiants, le concept prendra de l’ampleur en 2019. Il offre aux locataires une chambre individuelle entièrement meublée qui donne sur une cuisine et un salon partagés, ce qui aide à réduire les coûts de logement.

Les installations industrielles spécialisées : Les entrepôts tampons, ou l’on garde des biens en réserve pour éviter les ruptures de stock dans la chaîne logistique du commerce électronique, s’empareront du marché industriel en 2019 de même que les entreprises de robotique et de systèmes d’automatisation. D’ailleurs, le tout premier centre de distribution canadien à deux étages pourrait voir le jour cette année, en réponse directe aux contraintes foncières et à la hausse des loyers.