La demande croissante en électricité des centres de données, alimentée notamment par l’essor de l’intelligence artificielle, accentue les tensions entre Hydro-Québec et les grandes entreprises technologiques comme Google. Dans un contexte où les surplus énergétiques québécois s’amenuisent, la société d’État cherche à mieux encadrer la consommation de ces infrastructures et à s’assurer que les nouveaux projets génèrent des retombées économiques suffisantes pour justifier l’utilisation d’une ressource devenue plus limitée.

Au cœur du différend se trouve la proposition d’Hydro-Québec d’instaurer un nouveau tarif moyen d’environ 13 cents le kilowattheure pour les centres de données nécessitant une puissance supérieure à 5 mégawatts, soit près du double du tarif actuel payé par les grands consommateurs industriels. La société d’État soutient que cette mesure permettrait de mieux refléter les coûts d’approvisionnement en électricité et de limiter les répercussions sur les autres catégories de clients. Google conteste cette proposition et demande notamment qu’elle soit rejetée ou que les centres existants conservent temporairement leur tarif actuel.

La disponibilité de l’énergie constitue également un enjeu majeur pour les projets d’investissement. À Beauharnois, Google prévoit construire un centre de données évalué à environ 735 millions de dollars, mais le projet demeure en attente de l’électricité nécessaire à son exploitation. L’entreprise réclamerait une capacité de 380 mégawatts, ce qui représente une demande importante dans un contexte où plusieurs secteurs cherchent à obtenir des blocs d’énergie pour soutenir leur développement.

Hydro-Québec estime que la consommation de pointe des centres de données pourrait passer d’environ 200 mégawatts actuellement à près de 1 000 mégawatts d’ici 2035. Cette croissance soulève des questions quant à la répartition de l’électricité entre les infrastructures numériques, l’industrie manufacturière et d’autres projets économiques, ainsi qu’aux bénéfices collectifs associés à ces investissements.

Le débat dépasse donc la seule question des tarifs : il porte sur la capacité du Québec à attirer les investissements technologiques tout en préservant ses ressources énergétiques et en maximisant les retombées économiques locales. La Régie de l’énergie doit poursuivre l’examen de la proposition tarifaire en décembre 2026, après une première série d’audiences tenue en octobre.