La Ville de Montréal, les deux paliers supérieurs de gouvernement et le secteur privé doivent créer un nouveau partenariat, soit l’équivalent d’un New Deal, pour assurer la relance économique du centre-ville de la métropole et de sa périphérie, fortement ébranlés par les effets de la pandémie.

C’est ce qu’a proposé récemment le président de Devimco Immobilier, M. Serge Goulet, au cours d’une table ronde organisée dans le cadre du forum stratégique sur le centre-ville de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

« Montréal a un urgent besoin d’un électrochoc. Confrontée à la pandémie et à l’urgence d’agir pour relancer son économie, la Ville de Montréal devrait permettre au secteur privé de contribuer financièrement à la construction d’équipements et d’infrastructures publiques. Les gouvernements augmentent les déficits pour nous sortir de la crise, alors que nous avons d’énormes capitaux qui dorment et qui attendent des décisions qui ne viennent pas. Nous voulons faire notre part, mais nos offres ne trouvent pas écho », a déclaré M. Goulet.

M. Goulet suggère la conception d’une grille d’évaluation des retombées économiques et sociales des grands projets afin d’évaluer et de quantifier ce que chacun peut offrir au-delà des minimums exigés par la réglementation (exemple : dépasser la règle de contribution de 10 % aux fins de parc).

Critères de performance

Cette grille comprendrait donc des critères de performance fondés sur ce que les promoteurs proposeront en valeur ajoutée dans les domaines suivants :

1. Tourisme et patrimoine (restauration de lieux historiques, équipements touristiques…) ;
2. Habitation (plus de logements sociaux) ;
3. Infrastructures publiques (routes, réseaux d’aqueduc…) ;
4. Développement durable (plus de parcs, plus d’agriculture urbaine, économie circulaire, technologies propres…) ;
5. Mobilité (vélos, voies piétonnières, rues, nouvelle station du REM dans le bassin Peel…) ;
6. Création d’emplois.

« En contrepartie de cette contribution, la Ville de Montréal devrait permettre aux développeurs de créer une valeur ajoutée sur leurs grands projets en acceptant de rendre plus flexibles certains règlements ou en accordant une plus grande densification des projets », a indiqué M. Goulet.

Le 1er décembre, M. Goulet et treize autres chefs d’entreprise du secteur immobilier avaient publié une lettre ouverte à la mairesse de Montréal dans laquelle ils lui proposaient la création d’une table de concertation pour impliquer le plus rapidement possible toutes les parties concernées dans la mise en chantier de grands projets structurants à Montréal. La mairesse n’a pas encore répondu à cette offre.

Selon M. Goulet, les gouvernements canadien et québécois doivent faire partie de la table de concertation proposée. « Les gouvernements peuvent contribuer avec des programmes de relance spéciaux auxquels nous voulons participer. De plus, plusieurs ministères ou sociétés gouvernementales pourraient être impliqués, dont Patrimoine Canada, la Société des ponts Jacques Cartier et Champlain, le ministère de l’Économie et de l’Innovation, ainsi que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). L’idée est de constituer un guichet unique pour chacun des niveaux de gouvernement », a-t-il souligné.

« Nous ne voulons pas faire abstraction des règles et des processus qui régissent nos administrations publiques, mais bien atteindre un équilibre et démontrer que tous peuvent collaborer pour réaliser un objectif commun. La situation le demande et chacun doit y mettre du sien », a conclu M. Goulet.