BULLETIN D'INFORMATION POUR PROFESSIONNELS EN IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
//L’immobilier industriel de l’ouest de l’île dans l’économie canadienne actuelle

L’immobilier industriel de l’ouest de l’île dans l’économie canadienne actuelle

John Burrascano

Par John Burrascano, commissaire industriel

En ce qui concerne la performance de l’immobilier industriel dans l’ouest de l’île de Montréal depuis mars 2018, il y a de bonnes et de mauvaises nouvelles.

Tout d’abord, parmi les bonnes nouvelles, notons que le secteur de l’immobilier industriel de l’ouest de l’île s’est bien comporté. Dans l’ensemble, son taux d’inoccupation au deuxième trimestre de 2018 (à l’exclusion de Lachine et de Ville St-Laurent) s’est établi à 3,7 %, en baisse par rapport à 4,6 % au quatrième trimestre de 2017 (Colliers, 2017 et 2018). Selon un rapport publié par CBRE au deuxième trimestre de 2018, « pour Montréal, il y a eu une activité de location extraordinaire au cours des 12 derniers mois, entraînant une baisse de 21,5 % de la disponibilité des baux depuis le deuxième trimestre 2017 ». Le même rapport indique également qu’au deuxième trimestre de 2018, le taux de disponibilité industrielle de Montréal était tombé à son plus bas niveau en 15 ans, car la demande d’espace était plus importante que l’offre. Toutes ces activités ont entraîné une augmentation des taux de demande bruts – pour la première fois, le prix demandé brut a dépassé 9 $ le pied carré.

La Fédération des Caisses Desjardins (19 septembre 2018) rapporte que les perspectives économiques du Canada demeurent assez bonnes. Pour la province de Québec, les dépenses des ménages stimulent la croissance économique et le secteur résidentiel se porte bien et contribue au taux de croissance.

En ce qui concerne les mauvaises nouvelles, des opinions politiques et économiques et des statistiques ont révélé début 2017 une tendance au ralentissement des économies canadienne et québécoise entre 2017 et 2019, principalement en raison de la politique économique protectionniste américaine. Cette tendance est réaffirmée puisque les économies canadienne et québécoise ont affiché un taux de croissance moyen du produit intérieur brut (PIB) de 3,0 % en 2017, comparativement à 2018, où la croissance du PIB du Canada est estimée à 2,1 % et à 2,3 % pour la province de Québec (Fédération des Caisses Desjardins, 22 août 2018).

De nombreux indicateurs montrent que la croissance économique canadienne, québécoise et mondiale est remise en question :

(1) le commerce mondial a ralenti depuis l’hiver dernier en raison des contraintes commerciales imposées par les États-Unis et des mesures de rétorsion prises par les pays touchés;

(2) les taux d’intérêt au Canada ont augmenté et devraient encore augmenter;

(3) le niveau d’endettement élevé des ménages canadiens est une préoccupation;

(4) le prix du pétrole a augmenté;

(5) il existe une menace d’inflation;

(6) la politique monétaire américaine, les mesures protectionnistes économiques et les messages globaux négatifs véhiculés par l’administration Trump, y compris des questions relatives à l’intégrité de ce dernier, tendent à réduire la confiance dans le monde des affaires et à affecter les marchés;

(7) les problèmes rencontrés lors des négociations de l’ALENA ont nécessité des compromis canadiens;

(8) les incertitudes entourant le Brexit contribuent à freiner l’activité commerciale mondiale;

(9) des pertes d’emplois ont été enregistrées;

10) des corrections du marché immobilier dans les grandes villes du Canada sont à prévoir.

En conclusion, le Canada et le Québec progressent actuellement assez bien sur le plan économique. L’ouest de l’île profite de l’amélioration de la conjoncture économique et de sa très bonne performance récente en matière d’immobilier industriel. Toutefois, cette performance positive se produit dans un contexte de ralentissement général de l’économie, dont la dynamique actuelle est fondée sur l’esprit d’entreprise et de consommation des temps de conjoncture économique favorable des deux dernières années. L’eau peut devenir beaucoup plus agitée si les défis à la croissance économique mentionnés ci-dessus ne sont pas correctement traités, provoquant des insécurités et un ralentissement économiques croissants. On s’inquiète maintenant pour la santé à court et à moyen terme de la demande en immobilier industriel à Montréal et dans l’ouest de l’Île.

Crédit photo : PME MTL West-Island

2018-11-09T13:23:12+00:00ANALYSE DE MARCHÉ|