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Projet Royalmount : il faut au moins trois écoles, soutient Marguerite-Bourgeoys

Afin d’éviter la construction d’un nouveau quartier sans école, à l’image de Griffintown, la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) demande à la Ville de Mont-Royal et aux promoteurs du mégaprojet Royalmount de réserver des terrains avec un zonage adéquat pour des établissements d’enseignement.

Selon la CSMB, si jamais Carbonleo va de l’avant avec la construction de 5000 à 7000 unités de logement sur ses terrains au carrefour des autoroutes 15 et 40, au centre de l’île de Montréal, les futurs résidants du secteur auront besoin, à terme, d’au moins trois écoles, soit deux écoles primaires et une école secondaire.

Or, les écoles de quartier à Mont-Royal (trois de niveau primaire et deux au secondaire) sont remplies au maximum. « Il est donc essentiel que la planification du projet Royalmount prévoie des espaces pour implanter de nouvelles écoles  », prévient la CSMB.

La commission scolaire Marguerite-Bourgeoys est la deuxième en importance au Québec, après la commission scolaire de Montréal. Ses 100 écoles accueillent plus de 75 000 élèves répartis dans 7 arrondissements de Montréal et 13 municipalités de l’Ouest-de-l’Île, dont Mont-Royal. Comme bien d’autres, la CSMB doit composer avec une augmentation sans précédent de sa clientèle, dans un contexte de pénurie d’espaces.

Un atout négligé

Dans un mémoire consultable sur Internet, et qui sera présenté la semaine prochaine aux consultations publiques de la Ville de Montréal sur le projet Royalmount, la CSMB fait valoir qu’une école est « un atout considérable pour un quartier », mais qu’il revient aux municipalités de « réserver des terrains suffisamment grands, adéquatement zonés et bien localisés » pour les construire.

La CSMB n’est pas la première à se préoccuper publiquement du peu d’importance accordée aux établissements scolaires dans des projets résidentiels de grande envergure.

Le secteur Griffintown, au sud-ouest du centre-ville, a vu surgir plusieurs tours d’habitation en quelques années, sans qu’on y prévoie d’espace pour une école.

À L’Île-des-Sœurs, la localisation d’une école, pourtant devenue nécessaire dans une île en pleine explosion démographique, avait donné lieu il y a quelques années à des chicanes de voisins qui ont laissé un goût amer.

En octobre, Radio-Canada rapportait aussi que la Commission scolaire Marie-Victorin avait dû interpeller la Ville de Longueuil lorsque celle-ci a présenté les premières ébauches du vaste projet « Centre-ville 2035 », qui prévoit 9000 logements, mais qui ne ciblait aucun emplacement pour des écoles.

Un mois plus tard, le conseil des commissaires de Marie-Victorin adoptait à l’unanimité une résolution demandant au gouvernement du Québec de modifier la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme « afin que les municipalités exigent des promoteurs de développement résidentiel la réservation de terrains permettant la construction d’écoles », pour éviter la répétition du cas de Griffintown.

Carbonleo est ouvert

Joint par La Presse, un collaborateur de Carbonleo a assuré hier que le promoteur de Royalmount était ouvert à l’idée de permettre la construction d’une école sur ses terrains, et qu’il pourrait présenter prochainement une idée générale des aménagements de la portion résidentielle de son projet.

Royalmount est un vaste projet immobilier, commercial et touristique prévu sur des terrains industriels largement désaffectés, à l’intersection des autoroutes 15 et 40, dans la municipalité de Mont-Royal. Le promoteur Carbonleo ambitionne d’y construire cinq hôtels, des tours de bureaux, une centaine de restaurants, 200 commerces, un centre de mieux-être haut de gamme, un aquarium, un cinéma et deux salles de spectacles, entre autres.

La Ville de Mont-Royal a déjà donné son feu vert pour cette partie du projet, entièrement situé sur son territoire.

L’ensemble pourrait toutefois compter entre 5000 et 7000 appartements et condos, dont la construction pourrait s’étaler sur 20 ans, selon le promoteur. Ce volet de Royalmount nécessitera toutefois un changement d’affectation du terrain, zoné industriel et commercial, qui interpelle l’administration de la mairesse Valérie Plante, et qui justifie les consultations en cours.

Des écoles « en hauteur »

De son côté, la Ville de Mont-Royal n’a pas fait de démarche pour trouver ou réserver des terrains propices à la construction future d’une école à proximité de Royalmount, et pour cause. Elle n’a reçu à ce jour aucune demande officielle de la part du promoteur pour ajouter un volet résidentiel au projet commercial que la municipalité a approuvé.

« La Ville de Mont-Royal n’a pas été approchée officiellement par Carbonleo pour une phase résidentielle qui serait attenante au projet commercial actuel, dit Alain Côté, porte-parole de la municipalité. Bien que le promoteur ait annoncé qu’il veut faire cela, il n’y a pas de demande qui a été faite. »

« On parle d’un territoire qui est actuellement industriel. Avant même de penser à y installer des résidents, il va falloir prévoir comment on va les installer », a souligné Alain Côté, porte-parole de la Ville de Mont-Royal

« À 5000 logements, c’est une petite ville en soi, il faut voir comment elle va prendre forme sur le plan urbanistique. Ça va prendre des parcs, des services et, bien sûr, des écoles. »

La Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys n’a pas répondu à une demande d’entrevue de La Presse.

Dans son mémoire, la Commission scolaire se dit consciente de la rareté des terrains, et se montre ouverte à « réinventer l’école » pour réduire l’impact de ses constructions sur le plan immobilier, en envisageant « par exemple des écoles construites en hauteur ».

« Cela dit, écrit la Commission scolaire, les écoles primaires auront toujours besoin d’une cour avec des aires de jeu et les écoles secondaires, de terrains de sport. La CSMB espère obtenir le soutien de la Ville de Mont-Royal en lien avec ces innovations. »

Source : La Presse (Bruno Brisson)

Crédit photo : La presse 

2019-01-16T14:55:10+00:00ACTUALITÉS|