Après quatre trimestres consécutifs de modestes baisses du taux de disponibilité, le marché des bureaux enregistre une légère hausse. Cependant plusieurs facteurs pointent vers un resserrement au cours des prochains mois. La formule hybride d’’un à trois jours par semaine de présence au bureau est ouvertement remise en question. Plusieurs immeubles du centre-ville (totalisant  3,4 M pi²) sont aussi à vendre ou sur le point de changer de mains, laissant entrevoir une hausse du volume des ventes en 2025.

Résumé du marché du Grand Montréal

L’incertitude économique ralentit la reprise de l’activité de location

Après quatre trimestres consécutifs de modestes baisses du taux de disponibilité, le marché des bureaux de Montréal enregistre une légère hausse au T2 2025. La reprise d’activité depuis la fin de 2024 semble freinée dans son élan par l’incertitude économique. Les employeurs prennent davantage de temps pour analyser la situation, quitte à retarder des projets d’expansion ou d’embauches. D’importants mouvements de locataires ont toutefois été confirmés, dont la relocalisation du siège social du CN (350 000 pi2) et l’arrivée d’Hydro-Québec au 1500 Robert-Bourrassa (336 000 pi2). Dans les deux cas, le locataire quitte un immeuble de catégorie B pour une tour de catégorie A. Le marché de catégorie A au centre-ville se resserre depuis un an, alors que le taux de disponibilité est passé de 19,6 % au T2 2024 à 17,6 % au T2 2025. Même tendance en banlieue, où le taux pour la classe A au cours de la même période a reculé de 20,9 % à 19,5 %.

La liquidité revient sur le marché de l’investissement

L’amélioration du marché locatif depuis un an coïncide avec une accélération de l’activité d’investissement. Alors que les transactions se limitaient jusqu’à récemment à des actifs sous-performants acquis en deçà du coût de remplacement, dans un but de repositionnement ou de densification, la vente du 1200 McGill College et l’arrivée sur le marché de la Tour Deloitte lancent un tout autre signal. Le 1200 McGill College, acquis par Kingsett Capital au coût de 100,65 M$ (ou 286 $ / pi2), marque un retour de fonds institutionnels. La vente de la Tour Deloitte devrait aussi confirmer cette tendance. Cela dit, les acteurs privés locaux demeurent actifs, comme en témoigne l’acquisition du complexe Place Laval, au coût de 72,0 M$ par l’investisseur Luc Poirier. Plusieurs immeubles du centre-ville (totalisant 3,4 M pi2 de bureaux) sont aussi à vendre ou sur le point de changer de mains, laissant entrevoir une hausse du volume des ventes en 2025.

La rentrée automnale marquera un point tournant

Plusieurs facteurs pointent vers un resserrement de la disponibilité au cours des prochains mois. D’abord, la nouvelle offre limitée, ainsi que la conversion ou la démolition, surtout au centre-ville, d’une partie de l’inventaire, éliminent des options de location. La migration vers les immeubles de qualité supérieure a abaissé leurs taux de disponibilité directe sous la barre des 10 %. Mais surtout, la formule hybride de un à trois jours par semaine de présence au bureau, qui semblait s’être imposée comme la nouvelle norme, est ouvertement remise en question par les plus importants employeurs, notamment dans le domaine de la finance. Ceux-ci avaient pourtant été les premiers à adopter le télétravail à grande échelle. En effet, la Banque Royale, la Banque Scotia et la BMO ont annoncé que dès septembre, leurs employés devront se rendre au bureau au moins quatre jours par semaine. D’autres pourraient emboiter le pas et la situation n’a pas fini d’évoluer.

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