L’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) a présenté ses prévisions économiques pour 2020-2021. Elle dévoile, dans cette étude, les perspectives provinciales et régionales de l’une des industries les plus importantes de l’économie du Québec.

« En dépit du contexte de pandémie des derniers mois, le secteur de la construction résidentielle se porte bien au Québec. Si la tendance se maintient, tout indique que 2020 se terminera sur une note positive en ce qui concerne les nouvelles constructions alors que les perspectives pour 2021 laissent envisager un fort rebond des investissements en rénovation », commente Paul Cardinal, directeur du Service économique de l’APCHQ.

2020, une année étonnante !
La COVID aura causé plusieurs dommages à l’économie québécoise qui, il y a quelques mois à peine, se trouvait en plein emploi. Ce ne sont pas tous les secteurs qui ont été durement touchés par les pertes d’emploi et les gouvernements ont déployé plusieurs programmes d’aide visant à soutenir les revenus des ménages. En parallèle, les taux hypothécaires sont descendus à un creux historique. Ainsi, pour les ménages dont la situation financière est demeurée suffisamment solide, travaux de rénovation et achat d’une propriété plus grande ont été au menu. Certains ménages, qui auront la possibilité de continuer de travailler à distance sur une base régulière après la pandémie, pourraient faire le choix de s’éloigner. Nous anticipons qu’il y aura un certain regain d’intérêt pour la banlieue et les centres urbains de plus petites tailles, les maisons individuelles, les résidences secondaires et, dans une moindre mesure, pour les maisons intergénérationnelles.

Au total cette année, l’APCHQ prévoit maintenant 48 500 mises en chantier dans l’ensemble de la province (incluant les régions rurales), soit une légère hausse de 1 %. À ce propos, Paul Cardinal considère qu’il s’agit d’un résultat exceptionnel et souligne que la nouvelle construction s’est même montrée plus vigoureuse que ses prévisions prépandémie, qui misaient initialement sur un léger repli de 3 % en 2020.

Un premier recul en six ans en 2021
L’APCHQ anticipe toutefois un recul de 7 % du nombre de nouvelles habitations construites en 2021 avec 45 000 mises en chantier résidentielles. Cette diminution sera entièrement attribuable à un ralentissement des mises en chantier locatives.

Sur le plan géographique, seulement trois régions administratives devraient connaître une croissance de la construction résidentielle l’année prochaine. Les régions du Bas-Saint-Laurent (+5 %), de la Mauricie (+2 %) et de la Montérégie (+1 %) sont celles où l’on observera une augmentation de l’activité de construction. À l’inverse, certaines régions enregistreront l’an prochain des baisses plus prononcées parce qu’elles viennent de connaître une période exceptionnelle. Ce sera le cas des régions de l’Outaouais (-17 %) et de l’Estrie (-22 %), dont les perspectives demeurent très bonnes, mais qui retrouveront des niveaux d’activité plus soutenables après deux années particulièrement fastes. De même, les régions de Chaudière-Appalaches (-19 %), de l’Abitibi-Témiscamingue (-12 %) et de Laval (-9 %), qui affichent de fortes croissances cette année, ne pourront rééditer l’exploit en 2021.

Ralentissement du secteur locatif
L’APCHQ fait remarquer qu’en 2019, la construction de logements destinés au marché locatif avait atteint un sommet vieux de 32 ans (1987) au Québec avec 24 695 mises en chantier dans les centres urbains de 10 000 habitants et plus. En 2020, l’APCHQ souligne que les mises en chantier de logements locatifs atteindront des sommets similaires avec 24 500 mises en chantier et diminueront de 20 % en 2021 avec 19 500 mises en chantier. Les taux d’inoccupation devraient graduellement remonter au cours des prochains mois, dans la foulée d’une demande affaiblie par l’effondrement du solde migratoire, et du nombre élevé de logements locatifs déjà en construction (plus de 27 000 à la fin du 3e trimestre).

Regain de la construction de maisons unifamiliales
Pour la maison unifamiliale, qui connaît un certain regain d’intérêt, l’APCHQ prévoit des hausses des mises en chantier de 5 % et de 8 % respectivement en 2020 et 2021.

« Alors que l’essor du télétravail a provoqué un intérêt accru pour les banlieues, les plus petits centres urbains et les régions rurales, la maison unifamiliale devrait regagner un peu de terrain en 2021 », soutient Paul Cardinal.

Les investissements en rénovation au rendez-vous
En 2020, l’APCHQ prévoit que, malgré une baisse de 8 %, les dépenses en rénovation atteindront tout de même 13,6 milliards de dollars. En 2021, un fort rebond de 16 % est attendu, ce qui permettra d’atteindre les 15,8 milliards de dollars d’investissements en rénovation résidentielle. Un nouveau record pour ce secteur !

Paul Cardinal souligne que « le marché de la revente en pleine ébullition, des ménages qui aménagent des espaces bureau à la maison et le fait que plusieurs ménages convertissent leur budget voyage en travaux d’amélioration à leur propriété sont autant d’ingrédients pour une recette propice à des dépenses de rénovation records en 2021 ». Il ajoute que « les montants dépensés pourraient même être encore plus importants, dépendamment de la générosité des programmes gouvernementaux à venir pour stimuler les rénovations écoénergétiques ».

Construction de copropriétés
L’APCHQ prévoit que le nombre de mises en chantier de logements en copropriété devrait baisser de 5 % en 2020 (7 900 mises en chantier) et atteindre des résultats similaires en 2021 avec une légère hausse de 1 % (8 000 mises en chantier). Les mises en chantier de logements en copropriété représenteront quelque 20 % des nouvelles constructions dans la province, une proportion qui grimpe à 30 % dans la région du Grand Montréal.

Pour consulter les Prévisions économiques 2020-2021 de l’APCHQ.